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Haute couture printemps-été 2000 |
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*** Torrente commence la saison des défilés été 2000, après un grand doute, une peur extrême de ne pas boucler à temps. Volonté d’un an 2000 joyeux, avec robe courte verte, pantalon de cuir jaune safran, ourlé de dentelle, puis robes simples, accompagnées de gants assortis. Le cuir, c’est de l’autruche, " ciselé " de macramés et fils de soie, comme l’exigent les créateurs chez la célèbre maison. Autre tendance, les pois ou encore le paréo, indémodable clin d’œil de la créatrice. La mode est à l’image des " femmes jeunes ", qui " amènent les autres femmes " à la mode. Tous à la combinaison short. Déclinaison de ton jaunes, verts, ou orangées. On remarquera les accessoires, les broderies, et paillettes, ou fils brodés en franges coordonnées aux sacs à mains, tablier de tulle rebrodé. Torrente suit aussi la vogue des transparences, soies bleues ou parmes, effets d’imprimés en carré dans les mêmes tons: légèreté, fluidités très féminines de cet été. Plus une note déstructurée, asymétrique, en une évocation des Indes des plus exotiques. Le tout reste portable, sauf quelques effets de dentelles un peu trop frileux. Paradoxe de la collection : quelques robes font vieilles, n’en déplaise à la volonté de sensualité, de " séduction " de la créatrice. Le défilé tourne mal : commencé jeune, il finit en ton pastel un peu mièvre, ou des satins hors d’age, malgré un tour de force technique dans les broderies, et surtout les peintures. " La magie " de Torrente, son " romantisme " sont un peu passés, fanés…Dommage… |
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***** Dominique Sirop C’est au théâtre des Champs Elysées, lieu sobre et " présent " que nous accueille Dominique Sirop : transparence, couleur, pour une " évasion " estivale. 17 robes au programme. D’abord, combinaison verte, comme chez Torrente, brodés de fleurs jaunes. Tailleurs bleus pastels, déchirés des crevées dorées ou rose fuschia. Craquelure, incrustations qui donnent un relief au vêtement. Autre invention : dos brodés de fils d’or, ou superposition de tissus de couleurs différentes, entre bleu et vert absinthe. Maquillages orangés, violent, qui reflètent le cuivre des transparence. Col jabot extraordinaire, comme une fleur rouge sur un tailleur vert d’eau. Pourquoi un style si différent du classicisme qui lui valent son ascension fulgurante ? Sans doute une volonté d’affirmer son individualité de créateur. On remarquera des coupes audacieuses, sur une robe rose orangé, un voile sculpte, qui ganse le bas de la robe. Un autre modèle, sur un mannequin noir à la minceur extrême : robe fleur blanche, couronnée d’un filet métallique bleu acier ( photo). Lunettes bleus " techno ". La maison de Dominique Sirop intègre les nouvelles tendances, des effets métalliques ou de miroir, ou effets audacieux de couleurs orangées et roses. Ouf, car cela contrebalance l’effet mièvre qui se dégage du " trop pastel " qui envahit les collections cet été. |
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Les mannequins redeviennent femmes fleurs. C’est sans doute là que l’on retrouve ce qu’on aime tant chez le créateur, son classicisme !
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Hemant Sagar et Didier Lecoanet ***
Tailleurs sages, sable, avec originalités des chemisiers lacérés. Inspirations indiennes et thaï , le tout adaptés à des bustiers. Accessoires audacieux et importables :anneaux d’oreilles de 40 cm de diamètres ! Tout le monde n’aimerait pas porter ses robes en cuir de serpent ! Voilà qui crée la marque de cette collection. En effet, on regrette ici l’épure un peu triste, trop sage, trop lente dans son rythme, aussi.
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En fait, la collection attire plus par ses bijoux.Pour sa 33ème collection, et sa volonté de marquer l’an 2000, malgré des métissages, des audaces, des innovations techniques : découpes au laser, cuir d’autruche, nacre, avalanche de perles tendance art déco en " découpe angulaire ", ou goût néo-colonialiste, on sent ici la maîtrise du créateur – une robe nécessite au moins 85 heures de travail-, mais aussi un ennui, une nonchalance exotique . Il est vrai que la saison est difficile pour de nombreux stylistes, qui ont choisi de ne pas défiler cette saison. Peut-être l’apogée de sa carrière viendra-t-elle l’année prochaine…C’est ce qu’on lui souhaite ! |
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** Seredin et Vassiliev font un défilé comme au cirque. Couleur vives et foisonnement d’idées, comme le sac bocal à poisson rouges ! Incontournables pour les prochaines soirées ! |
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Sorbier * Des chiens, caniches, toutous, mâtin, yorkshire, des chiens partout ! Cette année, chez Sorbier, la transparence des robes roses cousues , rebrodées, doit s’accompagner de la race canine ! Bref, pour être à la mode , faites comme miss France, qui défilait ce soir-là, dans une très belle robe, apprenez à vous promener avec un chien ! |
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Originale et précise dans sa construction, cette collection allie couleur et motifs en carrelage vénitien. Pantalons unis roses avec pulls flambant rouges et noirs. Maille bleu et blanc, carreaux géométrique, le tout dans une obsession de complémentarité, de double. Les mannequins défilent, se ressemblent et diffèrent, en une variation ininterrompues. Très beaux effets d’encolures rouges sur des tailleurs graphiques, sur pantalon larges. Encolures : variation avec fleurs noires. Transparences noires sur le buste, et sur les cuisses aussi. |
Pascal Humbert**![]() |
On préfère le début coloré de la collection aux sombre décor, silhouette un peu triste de pin décharnés. Les papillons noirs qui ornent les robes, en hommages à Serge Gainsbourg sont un peu tristes. Ce sont les dallages qui réveillent le défilé, qui tourne ensuite sur des robes fourreaux crevés de plumes roses, en fait des pièces de cuir, comme une carapace. On remarque les coupes pressées, tirées le long du corps, qui donne une allure stricte aux épaules. L’ensemble est structuré, original, mais dégage une rigueur presque inconfortable. C’est toutefois une approche inédite du corps féminin, comme s’il fallait recouvre pièce à pièce la peau de ses mannequins. |
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Quand l’émotion passe par la technologie… Toujours créateur de nouvelles tendances, Lapidus explore encore et toujours les nouvelles technologies, les nouveaux tissus, matières qui s’opposent, la technique. Jupe soie roses et chemisier miroir fuschia, bandes électroluminescentes dans l’ombre. Redécouverte des broderies, effet pastels, sans toutefois être mièvre, grâce a la lumière presque magique qui en dégage.
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Olivier Lapidus ****
Idéal pour sortir ! |
Puis robes rouges, roses fuschia magnifiques, poncho ton sur ton, jupe longue et chemise dégagée sur le ventre. Carrés jaunes sur robes fourreaux bleu ciel, bordée de franges. De quoi rendre intelligent le beau, pour mêler un concept au simple design. Le vêtement s’adapte à la nouvelle technologie, au téléphone portable, aux fibres optiques, pour réfléchir le tissu de l’avenir. Pour ses dix ans de hautes couture, Olivier Lapidus reconnaît qu’il a manqué le prêt-à-porter traditionnel, et les vêtement sport wear. Prochainement, il compte compenser cette lacune en fonction des nouvelles technologies. En attendant, l’effet des tissus lumineux dans l’obscurité est des plus saisissants, fabuleux. Immanquablement, c’est l’avenir ! Aujourd’hui, certaines entreprise s’intéressent d’ailleurs à ces techniques : les claviers d’ordinateurs seront fait des tissus en panneaux solaires, qui alimentent les robes télévision . Associations de savoirs faire scientifiques pour l’émotion d’une robe de mariée en jacquard lumineux ! |
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Dior ** Au petit palais, John Galliano travaille les idées, pour se rapprocher de la tradition Dior…mais y arrive-t-il vraiment ? Attention aux âmes sensibles ! Sur une musique de Madonna (American Pie), il nous fait un art clochard, sur un fond des commentaires historiques des années trente, rappelant la mode clocharde de femmes aristocrates en mal d’autre vie, suite a l’influence de leur psychanalyste. Passionnante recomposition, donc, quoi que franchement inesthétique. La création est indubitable, les étoffes somptueuses. Souvent, la coupe graphique, complètement déstructurée, permet de sauver ce début de collection, qui se calme avec un fourreau frangé, avant de repartir de plus belle vers de nouvelles explorations. Nul doute que le défilé regorge de ce qui fera les collections suivantes… |
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Chapeaux et masques vénitiens, taffetas noir, perles, robes lamées, manteaux en organza, influences classiques et ethniques…Toujours est-il que la collection paraît disparate autant qu’immettable, sauf dans quelques tenues grises ou bourgognes, vraiment somptueuses. Une collection donc profondément inégale, géniale dans ses compositions rouges ou roses, ou complètement catastrophiques, surtout dans la recherche du créateur de la robe innocente, enfantine, plaisir créatif, certes, mais qui relève du barbouillage, à l’image du maquillage en gribouillage sur les joues des mannequins ! |
| Le choc des cultures a bien lieu ici, et même si l’on regrette Ferre, même si le classicisme est sans doute dû au talent des couturières, que Galliano met à mal (au risque de les faire démissionner), et même si John Galliano s’amuse à essayer de nous faire peur, c’est raté ! car dans ce défilé, on ne peut que voir un fourmillement, un foisonnement annonciateur du meilleur pour l’épopée Galliano chez Dior ! |
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Hanae Mori *** Couleur, couleur, mais vives, très vives ! Rouges flambants, roses fushia, sur des tailleurs très géométriques, sur pantalons. Décolletés hardis, avec épaules dévoilées, comme au Japon, ou la nuque est la partie de la femme la plus sexy. Fleurs à la taille. Décolleté : même tendance que chez Gaultier, on dénude ! Et puis soudain, retour au gris, rehaussé e de broderie traditionnelle japonaise. Recherche de tradition, sur silhouette longiligne, rallongées, tuniques, et manches interminables. Le tout semble confortable. Echarpe de soie gansée de fourrure, portée vers l’arrière . Orange presque automnal, avec une jupe sur laquelle sont cousus des pièces de tissus comme une mosaïque. Le cuir est encore du python, avant de finir sur les tailleurs blancs n dentelles très fines. Finalement, le tout fait preuve d’un grand classicisme, sage, - trop sage en fin de collection ?- mais précieux.
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Christian Lacroix ***** Contre toute attente, Lacroix passe au graphique. Finies les exubérances qu’on adorait, les robes chargées, métissée, les robes de la Camargue et méditerranéennes. Voici un nouveau style, graphique, tout droit inspiré de la peinture moderne, entre Mondrian et Kandinsky. Rien de très nouveau en peinture, mais de la splendeur en couture ! Les tailleurs finement découpés défilent, les chapeaux extravagants créent des lignes très avant garde à la collection, qui s’opposent complètement à toutes les tendances : ici, l’ethnique est finalement évité, tout comme les transparences mièvres des soieries. Chez Lacroix, les tons sont acidulés, les coupes près du corps, sauf la robe de mariée, dentelle voile, couronnée de lignes verticales en guise de couvre chef. Comment dit-on déjà, ah oui…Chapeau, M. Lacroix ! |
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Chanel **** Au cirque d’hiver, Karl Lagerfeld nous invite à un show organisé autour d’une scène en relief, courbe, où montent les mannequins avant de s’évanouir dans une fosse centrale, où elles disparaissent à nos yeux avant de se changer… Spectacle !… Les robes sont colorées, acidulées, ou franchement noires et blanches. Voilà qui évite la mièvrerie ! Tailleurs qui rappellent la ligne de Christian Dior, mais revisitée façon Chanel, d’une manière assez réussie. Thèmes anciens qui reviennent, la jupe déchirée en bas, ou encore réminiscence du passé, avec des robes romantiques, dont la taille remontent en dessous de la ligne des seins. Le tout fait ressortir les formes féminines , rondes de la nouvelles génération de mannequins. Du beau travail, donc, même si très classique… |
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C’est la grande joie de la saison. Sa collection le place comme digne héritier de la mode à la française, comme un nouvel Yves Saint Laurent. Peu de discours à faire , sauf deux adjectifs : magnifique, et personnel. On notera deux tendances : l’Inde, notamment avec de très beaux tailleurs complétés de turbans. Travail des formes et des matières… Et puis un pastiche à son éternel pull marin rayé, qui devient une robe longue en coton, dont les rayures deviennent progressivement des plumes noires, qui gansent les bas de la robe. Bref, du talent, du talent, et encore du talent…et du plaisir !
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Jean-Paul Gaultier
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Givenchy *
Mais quel été sera-ce donc ? ? |
On sait que le gris est à la mode, mais cela va aux pays du nord, où les nuances de gris s’assortissent bien avec le ciel. Alexander Mac Queen, le styliste de la maison Givenchy, est tout imprégné de cette culture du tailleur strict, à l’anglaise, qu’il domine d’ailleurs fort bien, et qu’il tient de son apprentissage à Savile Row… Mais cette histoire de femme en deuil, qui s’habille à l’aide des vieux costumes de son mari, quelle tristesse ! Et quel ennui, pour l’été ! Le défilé de Mac Queen est une ode à Halloween, avec des écharpe effilochée, comme des toiles d’araignée, des maquillages fardé , des mines désabusées. Mise en scène de film d’horreur! Non, la haute couture n’est pas un art déprimant, et la mode à Paris se mord les doigts de laisser la part belle aux tailleurs britanniques !
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Peut être le créateur a-t-il ressorti une collection d’il y a trois hivers pour cet été ! ? ? |
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Yves Saint Laurent ***** Il y a des années étranges, en haute couture, où les maisons de créateur s’amusent à échanger leur style. C’est le cas chez Yves Saint Laurent, le maître du tailleur strict et coloré, ou du smoking noir pour femme : ici, des pantalons fluides pour des tailleurs irréprochables. Inversion des rôles : cette année, alors que Christian Lacroix s’attaque aux coupes graphiques, le domaine réservé à Saint Laurent, , on retrouve comme par magie des robes de dentelle " très Lacroix ", très méditerranéennes, dans la maison du petit prince de la mode, celui que Gabriel Chanel elle-même considérait comme son héritier. Et pas de doute, le résultat est là… avec le talent qu’on connaît au créateur toujours plein de trac devant son public, même après une aussi longue carrière. Fourreaux de dentelles noires, soies, transparences, bref, la femme fatale ! Et un délice pour les yeux ! |
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Jean-Louis Scherrer ****
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La maison Scherrer fait dans le brillant, le graphique, et les couleurs franches. Le décor s’y prête : un tapis en latex rouge vif crée des effets de lumières, mais aussi des frayeurs aux mannequins qui manquent à plusieurs reprises de tomber par terre, sur ce sol mou qui s’enfonce sous leurs hauts talons. Innovation qu’on retrouve dans d’autres collections : des incrustations de miroirs et pierres semi précieuses qui gansent les chemisiers graphiques, près du corps, et aux découpent asymétriques. Un petit côté amazone des temps moderne, quand cela est accompagné d’un pantalon fluide en trompette (photo). Ouf ! pas de mannequin par terre, et défilé réussi, dans la plus pure tradition moderniste de la maison, c’est-à-dire sexy, et efficace. Sexy ? ? Oui, osé, parfois, quand une combinaison formée de bandes de tissus transparents alternés en v dévoilent presque complètement les charmes les plus intimes des mannequins. Le public masculin s’en réjouit, mais seule Cher oserait cette tenue de soirée. |
Parfum de subversion chic. Qui s’en plaindrait, finalement ? |